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2013-03-10 Les restaurants dont j'aimerais me souvenir

Lorsqu'on travaille dans une boîte américaine, qu'on vit à Paris, qu'on a des collègues qui viennent de partout dans le monde, une des questions qui revient le plus fréquemment, c'est : "tu connaîtrais pas un bon resto ?" Je traduis la question car elle me parvient le plus souvent en anglais. Mais il est étonnant de remarquer que le simple fait d'être un français esseulé au milieu de non français implique sans contestation possible que vous êtes expert en la matière. Il faut savoir aussi qu'une fois arrivés au restaurant, le choix du vin vous revient sans que vous ne puissiez surseoir. Mon domaine d'expertise se limitant le plus souvent à quelques endroits dans Paris où il est possible de manger un steak tartare (je ne pourrais pas en dire autant concernant les frites fraîches et je fais confiance au paternel pour le vin), je finis par choisir le Brouilly qui semble être le vin le plus répandu et le moins risqué (fatiguant d'être un scientifique parfois). Bref, c'est le vin que je prends pour éviter les mauvaises surprises (ou le Morgon si le Brouilly n'y est pas). Cela dit, je ne sais pas pourquoi je m'inquiète, il m'est arrivé de repérer un vin bouchonné devant mes collègues qui se rangèrent finalement à mon avis devant ma quasi certitude à moins que ce ne soit à mon injonction à le goûter dans mon verre. La serveuse hésitait entre une bouteille bouchonnée et un client culpabilisant après avoir renouvelé les cadavres sans l'approbation du patron, elle a vite été convaincue après l'avoir goûté.

Bref, ce petit billet n'avait rien à voir avec toute cette histoire, c'est juste que je ne me souviens jamais des adresses et que je les note toujours mais jamais au même endroit ce qui revient au même et dans les deux sens. Aussi me suis-je dit qu'en écrivant sur ce blog, j'aurais peut-être la chance de taper mon nom suivi de restaurant sur un moteur de recherche pour retrouver la mémoire. Pourquoi pas ? C'est souvent quand on commence ce genre d'initiative qu'on n'a plus besoin. On verra bien. Je note.

Le premier est Semilla (54, rue de Seine, Paris) que j'ai découvert grâce à une émission de France Culture le dimanche matin. Excellent. Il faut prévoir 60 euros par personne mais tout y est travaillé et on n'est pas servi en cinq minutes ce que j'apprécie. J'en garde un excellent souvenir. Il vaut mieux réserver.

Le second est encore meilleur que le premier Le Frenchie (5-6 rue du Nil, Paris). On me l'a fait découvrir. Il faut réserver des semaines à l'avance et arriver à l'heure mais ces petites concessions sont récomponsées. Le vin était extraordinaire. Et le pain... je n'ai jamais mangé du pain aussi bon. Bref, assez cher (70 euros par personnes) mais je n'arrive pas à l'oublier.

Le prochain que j'ai envie d'essayer dans la même gamme c'est La Régalade (49, avenue Jean-Moulin, Paris). Toujours France Culture, je le note pour ne pas l'oublier.

Après, il y a les resto, bistrot, simples, plats ou steak tartare, verre de vin, style brasseries, une quinzaine d'euros, et plus avec le vin et le dessert. Je dois en oublier quelques-uns mais les mettre tous ce soir dans ce blog gâcherait un peu le plaisir. Le Buron (119 avenue Félix Faure, Paris), la carte ne change jamais mais tout y est bon. Les frites sont fraîches. L'étoile de Montmartre (26 rue Duhesme, Paris), même style excepté les nems au chocolat. On essaye de prendre autre chose mais il y en toujours un des deux qui craque. La popote du 18 (184, rue Marcadet), simple. La pulcinella (17 rue Damrémont, Paris), c'est tout petit mais les pizza sont bonnes. Chez Anne (41 rue du Ruisseau, Paris), toujours pas essayé, je me plante toujours sur les horaires et il me faut six mois pour y repenser à nouveau, un jour je l'aurai. J'en ai encore un autre en tête, je sais y aller mais je suis incapable d'indiquer le chemin. Il faut que j'y retourne.

J'ai aussi essayé celui-ci Brunello, les vins sont en majorité italiens et celui que j'ai goûté était bon. Les pâtes très bien cuites. On m'a récemment conseillé L'Hédoniste. Il faudra que j'y fasse un tour. Au suivant aussi : Les enfants perdus. Tout est à Paris.

Je ne me souviens plus des émissions de cuisine lorsque j'avais dix ans et Maïté m'a longtemps éloigné de ce genre que je considérais à l'époque comme un divertissement. Et puis, j'ai lu cet article Petits restaurants, grands chefs. On y découvre trois restaurants dont la cuisine tire parti des contraintes imposées par le lieu et l'époque. On sait d'avance qu'on ne sait pas ce qu'on y mangera, on sait juste qu'on y découvrira l'imagination d'un chef face à son époque comme si un dialogue s'installait entre le chef et moi, genre d'animal cosmopolitain. Les trois restaurants présentés dans l'article, Le Chatomat, Le Rino, Le Roseval expriment cette mutation. Le discours y est épuré. Ca me fait penser aux calligrammes d'Apollinaire, un poème culinaire épousant la forme des murs.


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Xavier Dupré